Y a de la joie!

J’ai bien l’impression qu’il n’y a malheureusement que quand on touche le fond ou presque qu’on découvre en nous des ressources insoupçonnées.

Depuis tellement longtemps que je me débats avec mon mental débordant, que je cherche, cherche, je lis, j’écris, j’écoute, je me renseigne, je me cogne, je crois avoir trouvé et ça repart, je me recogne, je redécouvre, ah mais oui c’est ça, c’est simple en fait, ah mais non, mais si, si vous me lisez vous vous en rendez bien compte 😉 .

Pour toujours autant retomber, retomber dans la tristesse, le manque, la cogitation en tout sens, les pensées comme des oiseaux fous qui se cognent sans cesse à la même vitre, tout en sentant que ce n’est pas ça, qu’il y a autre chose, forcément, mais quoi bordel?

Je sens bien qu’il y a quelque part une légèreté, une joie d’être, une beauté du monde, du soi, parfois ça me frappe de plein fouet, j’en pleure de gratitude et d’émerveillement et paf, ça repart, et le morne, le triste, l’usuel, l’utile prend le dessus, les prises de têtes dans les relations, le compte en banque vide, la merditude des choses, ça revient, gris, triste, superficiel  et pourtant tellement là, ça prend tout l’écran, je ne vois que du moche.

Et on me dit que ça vient de moi, que c’est moi qui donne l’influe moche, et je le sais parce que quand je suis heureuse les mêmes situations ne sont pas vécues du tout de la même façon. Les gens qui m’entourent sont les mêmes, les problèmes sont les mêmes, les manques sont les mêmes, mais je m’en fous, je suis heureuse.

Donc oui c’est moi. Mais en même temps je ne sais pas. Il ne me semble pas avoir toujours, si ce n’est jamais, vraiment mon mot à dire. Ou alors je ne sais pas le dire.

Mais hier où j’étais vraiment mal dès le matin j’ai cru à un moment comprendre où j’avais mon mot à dire, là où se situait vraiment mon libre arbitre, il y a eu un déclic:

-ça te met en joie de penser comme ça?

-euh…non.

-Et ben alors?

-Oui mais on ne peut pas tout le temps être joyeux non plus, si?

-non bien-sûr, mais là, il n’y a vraiment pas moyen d’être en joie?

– pfffffff…si.

-Alors?

Et depuis, je me sens remplie d’une joie enfantine, confiante en la vie, envie de m’amuser de tout, que tout soit plaisamment et simplement vécu, plus aucune envie de conflit, de me battre,  plus de peur, d’angoisse, avec une évidence: ça ne m’apporte pas de joie tout ça, et moi je veux de la joie.

Comme si j’avais enfin capté ce qui me rendait heureuse et ce qui ne me le rendait pas.

Je crois que l’erreur c’est de parier sur l’avenir pour être heureux, (oui on vous l’a déjà dit des centaines de fois et à moi aussi), on se dit je vais en chier là tout de suite, me battre une dernière fois, et après ça sera le pied.

FAUX

Notre malheur est dans cette batailler à mener, cette croyance qu’il faut se battre.

Notre bonheur est de voir que c’est maintenant et tout de suite atteignable. Pas de bataille, ça ne rend jamais heureux, pas de bataille, mais se souvenir pourquoi on est là, pour être heureux.

 

Ma situation actuelle est, pour exemple, plus que précaire, sans revenu et avec deux enfants, une  société qui démarre, les aléas d’un changement de pays après 12 ans à l’étranger etc… mais encore une fois, je suis là où je veux être et il va forcément y avoir une issue, quelqu’elle soit, l’important c’est que je sois prête à vivre les choses de la manière la plus joyeuse, ça me soulage de me sentir ainsi parce que je sens que  même sur un chemin épineux il y a toujours de quoi être joyeux, une chouette rencontre, un coup de pouce inattendu ou ne serait-ce que comme il y a quelques jours, comme je poussais la porte de l’immeuble pour rentrer chez moi, triste et abattue, passe devant moi une femme entre deux âges, des long cheveux clairs, sautillante, on aurait dit un ange, je me suis sentie avoir un besoin dingue qu’elle me sourit, s’il vous plait, j’ai besoin de beau, de lien, et là elle me fait un sourire magnifique, franc et lumineux, à moi rien qu’à moi, pour moi, et je suis encore toute chamboulée par ce sourire.

Et aujourd’hui me reviennent encore plus clairs, les mots de Jean d’Ormesson entendu en interview:

« la vie naturellement une vallée de larmes, elle est aussi une vallée de roses, c’est indiscernable, c’est une fête…et c’est un désastre. »

C’est inextricable, on avance les larmes aux yeux, mais on peut avoir les larmes aux yeux et les bras chargés de roses, on peut avoir les yeux pleins de roses et les mains piquées par les épines. On est les deux, on n’a pas à choisir l’un ou l’autre, ça va ensemble.

Alors voilà, j’en profite que tout soit clair pour moi aujourd’hui pour partager, je ne sais pas trop à quelle sauce je vais être mangé demain, voire même dans une heure, donc je m’en viens vous partager cette évidence qui me frappe pour peut-être m’abandonner dans quelques heures, mais je tiens à le partager parce que quelque chose me dit que ce qu’on cherche, c’est ça:

Chercher et trouver dans chaque situation ce qui pourrait nous donner de la joie, et le faire dans ce sens là.

C’est hyper dur, je l’ai souvent lu et pas compris, pas assimilé, il y a eu hier une sorte d’ouverture sur un aspect très joyeux et enfantin de moi, qui me dit qu’on va déjà bien rigoler et s’amuser et que le reste on verra bien, on n’a pas la main dessus, nous n’avons que deux cartes en main dans notre vie: « joie » ou « désolation ».

Je tente de m’en souvenir et de choisir la joie. Et ce qui la nourrit : me relier au lieu de me battre ou d’avoir raison, faire confiance à la vie plutôt que de vivre dans l’angoisse, éviter les pensées stériles et les machinations puisque de toute manière je n’ai pas la télécommande sur les événements, donc en gros et en court:

Vivons heureux puisque nous n’y pouvons rien.

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