Des roses et de la liberté.

Le Nom de la Rose est un livre qui m’a beaucoup marquée même si j’ai longtemps eu du mal à comprendre pourquoi, cette notion que Dieu devait être craint et qu’il fallait tuer tout ce qui pouvait faire penser à se libérer de la peur, comme ce livre donc, qui empoisonnait qui le lisait. Bon puis je viens juste de me rendre compte qu’il y a le mot « rose » dans Le Nom de la Rose, ne vous étonnez pas, mon cerveau fonctionne bien mais faut lui expliquer longtemps.

Et quoi la rose ? Ah oui, ben parce que les roses sont mes scarabées de Jung à moi, mes signes favoris, je suis les roses quoi, à cause de la Petite Thérèse, qui, j’y pense, ne dit pas autre chose que ce que je viens vous dire avec sa petite voie…

Donc, les roses, les scarabées, Jung, les signes, la synchronicité, ce n’est pas du tout de ça dont je voulais vous entretenir.

Je voulais vous entretenir de la liberté et la liberté n’est pas ce qu’on croit, c’est à dire de ne plus avoir d’entraves extérieures ou même intérieures ( vous connaissez mon point de vue sur le libre arbitre, je résume pour ceux qui ne le connaissent pas et ont la flemme de lire mon pavé : on en a pas ), donc pour moi les entraves sont inhérentes à la condition humaine, nous sommes limités par nos moyens physiques et psychiques, notre mortalité, mais aussi par nos conditionnements, nos croyances, nos peurs.

Voilà, après avoir longtemps réflexionner en suivant les roses et bien j’en reviens au Nom de la Rose, sans la peur l’Homme est libre et donc inaliénable ! La peur est ce qui nous éloigne le plus de la liberté.

Jusqu’à très récemment je me croyais déjà pas mal sortie d’affaire par rapport à avant, plein de trucs résolus etc, plus de facilité à vivre, à travailler, à prendre soin de moi etc, mais je sentais que ça bloquait encore.

Une amie m’a dit il y quelques jours que je devrais aller voir la théorie de l’énnéagramme, et dès que je vais sur la page web je vois une citation de Spinoza, je me dit, c’est bon, je suis at home, allons voir. Je lis tout, je cherche, et je tombe d’accord avec moi-même sur le fait que je suis du type 5, celui qui veut tout comprendre et qui a PEUR d’être envahi. J’en conviens d’autant plus facilement que je suis une solitaire acharnée, je l’ai intégré depuis pas mal de temps et j’ai arrêté de me croire dépressive parce que la vie sociale et moi ça fait deux, si vous voulez que je parte en courant, on ne sait jamais un jour que je vous saoule, vous n’avez qu’à me dire : « viens on va  ici ou là, on va rencontrer des gens ». Effet immédiat garanti, je me carapate, je n’aime pas du tout du tout rencontrer des gens et parler pour ne rien dire.

Donc, pas de nouvelle sous le soleil, je n’aime pas être envahie. Mais ça me chicotait. Envahie, envahie, non je n’aime pas ça, les bruits, la lumière trop agressive, les gesticulations et les autres et les demandes des autres auxquelles je ne saurai par dire non, et en fait ce n’est pas que je n’aime pas, Bon Dieu, c’est que je flippe ma race oui ! Parce que je ne sais pas dire non ! Et pourquoi je ne sais pas dire non ? Parce que sur le moment ou ( pardon pour l’accent j’ai un nouvel ordi en qwerty et je ne le trouve pas !) on me demande quelque chose je ne me laisse pas non plus envahir par mon propre ressenti qui m’indiquerait si je peux dire non, ou oui, ou oui mais non, ou non mais oui !

Je ne me laisse envahir par rien, même pas les sentiments sympa, genre l’amour ah ben oui, si j’aime et qu’on ne m’aime pas ?? hein ? vous me croyez assez dingue pour tendre le baton pour me faire battre ??  Et depuis des années je ne fais que lutter pour être débarrassée une fois pour toute de tous ces sentiments désagréables ou dangereux pour ne plus avoir à maintenir mes fatiguantes et sinistres murailles ! Je cherche à gommer les émotions en croyant qu’il est possible de trouver en moi un endroit ou (idem) règne une joie monstrueuse et permanente.

Je croyais que c’était ça l’Invincible Été, et bien non.

L’Invincible Été ce n’est pas une joie monstrueuse et permanente, je dis « monstrueuse » car je viens de comprendre que si elle existait elle serait monstrueuse car pas naturelle, on ne peut pas ici bas être en joie permamente, on peut seulement être libres, c’est déjà pas mal vous me direz, on peut être libres de tout ressentir et de ne pas ajouter la peur de souffrir à la souffrance qui est déjà là et la vivre.

On peut seulement ne plus avoir peur d’être triste, de se sentir rejeté, et abandonné et déçus, envahis, bouleversés, démunis, abandonnés, de se tromper, on peut juste se dire que c’est normal, la vie c’est ça, et laisser nous traverser tous ses ressentis, ne pas vivre en tentant de les éviter car là n’est pas la liberté.

Vivre libre c’est vivre en n’ayant plus peur.

Jésus (mon poto) a dit :

Laissez les petits enfants, et ne les empêchez pas de venir à moi; car le royaume des cieux est pour ceux qui leur ressemblent.

On pense souvent alors à l’émerveillement en pensant à cette phrase mais en réalité ce qui caractérise un enfant c’est qu’il n’a pas peur de vivre, d’aimer, de ressentir, il se jette dans la joie comme dans la colère, dans la déception comme dans l’allègresse, un petit enfant n’a même pas peur d’avoir peur.

C’est là ou se trouve notre liberté.

Voici une photo de Petite Thérèse, je trouve que son regard nous dit si bien tout ça.

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