Le Mektoub remektoubé.

Dans l’article précédant je vous présentais ma version du mektoub, du moins grossièrement.

Bon hier, c’était la fin du rêve, on était un peu foutus,  trop déterminés pour pouvoir changer. 

C’est pas si pire en fait, si je ne crois pas qu’on puisse changer  je pense en revanche, pour l’avoir vécu, qu’on peut vivre plus heureux, plus sereins et plus libres!

Libres et déterminés? Libres et Mektoubés? C’est quoi ça là? 

Ne soyez pas de mauvaise foi, j’avais déjà bien précisé qu’on était libres ou non d’accepter ce qui EST. C’est pas déjà une belle liberté ça ? Rhoooo mais si! 

Bon et il y en a une autre. Celle de comprendre, de prendre conscience et de remektouber, de reécrire!

AAAAAhhhh!!!  

hein? 

Celle de ne plus se racler la gueule sur le bitume parce qu’on a les yeux vissés sur la route mais de lever la tête et de regarder le paysage. 

On peut prendre conscience de ce qui nous détermine, on peut poser un regard nouveau et surtout se rendre compte si ce qui nous détermine est une croyance ou une vraie détermination, un mécanisme mis en place ou un trait de ce que nous sommes réellement !

Je vais prendre mon exemple. Pour X raison, j’ai intégré qu’il était dangereux pour moi d’être spontanée, que je me faisais bouler, que je gênais, n’ayant jamais pu très bien intégrer les codes de ce qui se dit ou pas, je ne comprends pas en quoi quelque chose est dérangeant ou non, dans la mesure où je n’ai que très peu de tabous, pour moi rien n’est vraiment honteux ou indicible. La donnée de base, c’est donc que je ne comprends pas les règles de la discussion mondaine. Ca je n’y peux pas grand chose, c’est ma nature. Un mektoub va se créer et se greffer là dessus : la spontanéité c’est dangereux pour moi, ça me met mal à l’aise, ça met les autres mal à l’aise et je me sens rejetée et ça, pour l’être humain, le petit enfant, le rejet c’est un signe de mort éminente. 

Donc je vais devenir une personne qui va ESSAYER d’éviter toute spontanéité, de contrôler le moindre de ses faits et gestes en société, et qui du coup va totalement se déconnecter d’elle même pour être sûre de ne plus se laisser submerger par des sorties intempestives. Bon, tout ça c’est dans ma tête qui se croit capable de contrôler,  la nature revenait au galop j’en sortais des belles régulièrement. Et me fustigeais pour ça, quand il y avait spontanéité il y avait immédiatement culpabilité. Je me faisais vivre un enfer entre rejet de moi même, hyper contrôle, repassant en boucle la moindre des conversations de la journée pour voir où j’avais pu merder, culpabilité, retrait, après je ne savais plus si la vie sociale était devenue un fardeau parce que je devais me contrôler ou juste parce que du coup parler pour ne rien dire m’emmerde profondément, étant totalement déconnectée de moi-même je ne savais plus ce que j’aimais ou pas et de ne pas m’écouter à ne plus m’entendre et ne plus savoir quand j’avais faim ou soif, quand je devais dire oui ou non, ce que j’avais envie de faire ou de ne pas faire il n’y a qu’un pas. Je schématise et surtout je résume, des causes il y en a eu des plus graves mais qui sonnaient toutes un peu dans ce sens: je ne dois pas être ce que je suis, c’est dangereux. 

Donc, j’étais bien déterminée, par ma peur d’être rejetée pour ce que j’étais, à une vie de dépendance de l’approbation des autres, d’angoisses, de sentiment de vide, de sous estime de moi etc…

Alors quoi? Quand j’avais la gueule collée au bitume, empêtrée dans mes problèmes relationnels, de bouffe, de cachetons, d’angoisse, de stress, et que je croyais que ma volonté pourrait résoudre tout ça, que je croyais pouvoir agir contre tout ça, ben je m’égratignais la tronche à n’en plus finir en pensant que c’était de ma faute en plus, que j’étais nulle de galérer autant.

Puis un jour, je me rends compte que ces problèmes là, ils sont des symptômes de quelques chose d’autre. Aaaah, je relève un peu la tête, et d »un coup of course j’ai un peu moins mal, c’est déjà ça. Je commence à voir que des capacités j’en ai, mais pas celles que je crois, mais que j’ai celles qu’il faut pour ne plus avoir peur et me défendre et ne pas mourir du rejet. Je peux prendre conscience que si ça s’est mis en place, ça peut se défaire. Je ne peux pas défaire la donnée de base que je ne suis pas faite pour les codes sociaux, ça c’est moi, fondamentalement, un mektoub un vrai, mais je peux défaire l’idée que c’est dangereux pour moi, je peux me dire qu’il vaut mieux vivre connecté à soi-même, que c’est bien plus sécure que d’essayer de contrôler l’incontrôlable et que surtout à force de tout contrôler je contrôle même le bon, que si je me lâche un peu la grappe, si je lève la tête du guidon et que je me reconnecte à moi même je saurais très bien reconnaitre les moments où je peux être spontanée et ceux où je ne peux pas, ça j’en ai la capacité contrairement à ce que je crois et c’est la capacité qu’il faut en plus, ça tombe bien non? Je suis bien faite finalement. J’ai tout ce qu’il faut, sauf que je ne le sais pas et j’essaye d’avoir des choses impossibles pour remplacer celles que j’ai déjà. Oui bon. On ne peut pas tout savoir non plus sinon on s’ennuierait, hein. 

Au lieu d’essayer de changer le résultat je peux me pencher sur le calcul et changer les données pour arriver à un résultat différent!  

Ca c’est la solution qui marche (c’est un pléonasme mais pas tant que ça, on est très fort en solutions qui ne marchent pas: « mais c’est la solution! Mais elle marche pas! Oui mais je sais que c’est la solution. »cf: les régimes par exemple).

Donc je résume: on est mektoubé, conditionnés par ce que nous sommes intrinsèquement et les mécanismes mis en place quand ce que nous sommes se trouve confronté et malmené par le monde extérieur. Et nous avons la possibilité d’aller défaire les mécanismes pour pouvoir vivre librement ce que nous sommes vraiment.

C’est pas le pied ça? 

On peut se réecrire avec notre alphabet de base. 

Bon j’avoue pour le coup ça fait presque trop de liberté, et pour ce que je constate, on est pas toujours prêts à vivre aussi librement. Un peu comme nos solutions qui sont les bonnes mais qui ne marchent pas. 

On est rigolos quand même, hein?

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