Mon nom est Personne.

Du bonheur, de la liberté de n’être rien ni personne.

Une révélation ce matin, un matin normal, petits soucis, boulot, organisation et en ce qui me concerne, en musique de fond, le tourbillon incessant de mes pensées, allant de tout à rien, mais un bourdonnement, quelque chose qui m’empêche d’être totalement présente et d’ailleurs mon fils l’a senti et m’a dit:

– tu n’es pas là.

Ceux qui vivent avec moi me le disent très souvent. J’ai longtemps trouvé ça très triste et je l’ai combattu, parce que je connais la souffrance d’avoir en face de soi une personne qui n’y est pas, mais il a fallu que j’admette que c’était moi ça, cette personne pas toujours là…

Donc, oui, parfois, souvent, suivant les saisons, les jours, je ne suis pas là.

Mais ce n’est pas de ça que je voulais parler, je voulais juste poser le décor, un matin normal, un matin où je suis absente. Mais ça compte pour ce que je vais dire plus tard.

Donc, dans ma savonnerie, à touiller quelques potions, je me prenais la tête, avec pour question de fond: Comment il faut être?

Tout le temps, avec tout le monde, comment faut-il être?

Et là! Réponse fulgurante, Jung et son inconscient collectif et Spinosa et son intuition, ou quelque chose du genre:

-« Comment il faut être, comment il faut être? Mais tu t’en fous! tu n’es Rien! « 

(il ne parle pas très classe l’inconscient collectif, c’est assez brut de décoffrage en ce qui me concerne, j’imagine qu’il me parle comme je parle)

Alors je vous vois d’ici frémir ,voire bondir : « comment ça Rien? Je ne suis pas Rien! je suis moi, avec ma vie, ma famille, mes amis, mes réussites, mes échecs, mes désirs, mes envies, mes peurs, mes angoisses, je suis Elsa (ou qui que ce soit, vous!)! »

Oui, mais c’est ça, justement, qui est flippant. Et lourd. D’être Elsa. D’être n’importe qui en fait. Toute la journée, toute la vie, s’évertuer à rester Elsa, à la faire exister, à la défendre, à lui donner une place parmi plein d’autres Elsa.

Alors que quand on est rien, ou personne, (je sens que ça passera mieux ), ben il n’y a plus « mes réussites, mes échecs, mes désirs, mes envies, mes peurs, mes angoisses, ». Il n’y a rien à perdre, rien à prouver, rien à conserver, rien à protéger, rien à justifier. Quand Elsa n’est pas là, il ne reste que moi, tranquille, sans rien d’autre que ma vie qui passe, les échecs n’en sont pas, les réussites non plus, on s’en fout, pas de peur, pas d’angoisse, on peut se permettre d’y aller gaiement! Etre rien, c’est n’avoir rien à perdre!

Suivre seulement ce que je pense être mon chemin, je me suis vue au cours de ce flash continuer à tendre vers ce que je souhaite, matériellement et moralement, mais en toute quiétude, oui, je vais tenter tout ça, mais sans en faire une affaire personnelle.

Quand je ne suis personne, ma vie n’est plus une affaire personnelle, c’est ça, exactement. Je la vis comme si elle m’était confiée, comme si elle était la même que pour tout le monde, que je la vivais en partage avec tous ceux qui en font l’expérience, comme si je n’étais qu’une manifestation de la Vie, pas comme si j’étais Elsa, car entre la vie et moi il y a Elsa, une image, un devoir, une réputation, un mirage…

Alors…quand je suis rien… je deviens tout.

Le tourbillon assourdissant des pensées a cessé. Le Silence.

Etre rien c’est… Etre là. C’est Etre.

Moi, j’aime bien.

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