Code du déshonneur, article 9 : c’est pas l’intention qui compte.

C’est bien connu, l’enfer est pavé de bonnes intentions. Et à tous les coups, si on passe par là, le paradis, de mauvaises.

Bref : l’arnaque. C’est la méga planche pourrie, l’intention. La pente savonneuse, le traquenard, le guet apen.

Surtout, c’est manquer de spontanéité, et la spontanéité c’est… nous. Donc une intention, nous efface à chaque fois.

Avoir une intention c’est se prendre pour Dieu, ou au moins pour une voyante extralucide; on se dit si je fais ça il va se passer ça. Ben non. Ca se saurait depuis longtemps si on maitrisait. Le pire, c’est qu’on se plante à chaque fois mais on croit encore que c’est possible. c’est magique l’être humain. Même un rat de labo ne recommence pas une seconde fois après l’échec. Nous on recommence depuis des millénaires. Je vous laisse trouver le syllogisme.

Donc même si on en encore envie d’essayer on peut quand même admettre que rien ne se passe jamais comme prévu, donc, en définitive, mieux vaut ne pas prévoir. Et laisser venir. Et être bien planté sur ses deux jambes en attendant calmement ce qui vient et en sachant, en toute confiance en nous-même, que notre réaction spontanée sera la bonne. Uniquement parce que ça sera la seule que nous aurons.

Ca semble  affreux et très déshonorant de ne pas essayer d’être autre chose que nous mêmes, mais c’est d’une grande sagesse, de se dire que quoiqu’on fasse là, à l’instant présent c’est la bonne chose, car c’est celle qui arrive tout simplement. A un moment faut arrêter de se battre contre des moulins à vent, sinon, on ne s’en sort pas.

Je ne vais pas me lancer dans la théorie du libre arbitre, en bonne spinozienne que je m’avoue être, vous savez ce que je pense, mais déjà, je suis certaine qu’il est primordial de se lâcher la grappe, de se laisser vivre, et de ne pas se juger sur ce qui est en train d’arriver, parce que déjà ça ne nous appartient plus, et ne pas avoir d’intention car ça, ça ne ne nous a jamais jamais jamais appartenu. On n’a pas le bon jeu en main pour ça. On laisse tomber.

On a très peu de liberté, au final, elle se situe dans l’instant présent, le fugace, ce minuscule moment où on choisi d’être nous même ou de nous étouffer sous une bonne ou mauvaise intention, d’écouter notre petite voix intérieure ou de la sacrifier contre une promesse qui ne sera jamais tenue. On se parie nous-mêmes continuellement, on passe notre vie à se sacrifier pour peau de balle… Hein? ben oui. On se sacrifie, on ne reçoit pas ce qui est prévu, on chiale, on est déçu, on a du ressentiment, on se trouve nul, on se dit j’ai tout fait pour que ça marche, je me suis sacrifiée, etc… pour rien. Ben, on arrête. La vie c’est une question de « toujours ça de pris », alors on arrête les frais, et on se respecte, on spontanise, on ne se fait pas de mal, c’est toujours ça de pris, et advienne que pourra!

Je ne dis pas qu’il ne faut pas avoir d’attention en revanche, ce n’est pas la même chose. L’attention est un élan vers l’autre,  vers la vie, vers ce qui nous entoure, mais l’intention est un boomerang, on attend un retour à notre action. Donc déjà, vous ne savez jamais de quel coté le boomerang va revenir, on a tous essayé d’en lancer un et ça ne s’est jamais bien passé, n’est ce pas?  Sois il est tombé à l’eau, soit il n’est pas revenu vers nous mais vers le voisin qui n’était pas au courant, soit il a continué tout droit, etc…

Donc, Code du déshonneur, article 9 : on arrête le boomerang. Ca fait mal. On ne vit plus dans l’intention de : plaire, déplaire, faire rire ou pleurer, être aimé ou haï, d’être beau ou moche, d’être riche ou pauvre, d’être un saint ou un enfoiré, on vit tout simplement. On se regarde tel que nous sommes, on se dit, ouuuuaaaaaah, je suis pas si mal, je suis au moins comme n’importe qui et c’est déjà énorme. Je ne vais pas m’encombrer d’un boomerang, d’une bombe à retardement, d’un jokary. Je vais vivre léger, avec juste moi même.

Et c’est déjà pas si mal.

C’est toujours ça de pris.

 

 

 

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