Etre normal

Bon vous vous en doutez, ça ne rentre en aucune façon dans le code du déshonneur, parce que déjà il faut qu’on comprenne ce que ça veut dire et pour le peu que j’ai compris et que je vais vous exposer pour vous demander votre avis, ben ça n’a rien à voir avec le bonheur  déshonneur.

Là où ça fait tilt dans ma tête c’est en lisant la définition de  la bi-polarité. Bon ça a fait tilt parce qu’ à l’insu de mon plein gré c’est quelque chose qui fait partie de ma vie et de celle de mes proches, c’est pour ça que je peux vous dire que ce qu’ « ils » en disent semblent peu approprié, que ce n’est pas simple vue de l’esprit.

Voilà la phase qui m’a fait dressée les cheveux sur la tête:

« les périodes d’humeur haute et d’humeur basse alternent le plus souvent, entrecoupées de périodes d’humeur normale. »

Le voilà notre normal. Ca veut dire que des gens parfaitement normaux, bien dans leur basket, heureux de vivre et sans aucune difficultés, du jour au lendemain, à intervalle régulier, soit sombrent en dépression soit explosent  en maniaquerie. Comme les loups garous, quoi,  il y a un truc chimique ou physique qui condamnent ces pauvres hères à errer entre deux extrêmes. GRRRRAAAAAAOUUUU!

Ca semble logique, jusqu’au moment où on se penche sur justement là où personne ne se penche : les périodes d’humeur normale.

C’est quoi normal?

Pour ce dont je me souviens, pour moi, et pour ceux que j’ai côtoyé, ben c’est pas normal le mot, c’est « gérable ». On a encore un bout de contrôle et surtout encore un peu de force pour tenir et donner le change.

Et là, par extension, si les psy nous proposent de nous rendre la vie « gérable », c’est que c’est la moyenne visée c’est ça?

Ca veut dire que normal ne veut pas dire bien, heureux, confiant, mais juste supportable?

On trouve alors normal d’avoir des petites dépendances, d’avoir un besoin chronique du regard des autres, besoin de reconnaissance, d’être ce qu’il faut être, reconnu dans nos familles, dans notre travail, que tout ça c’est NORMAL.

Pardon mais moi je trouve que ça c’est la prison et que ce « normal » n’est pas supportable.

Normal ça n’a rien à voir avec « être bien », être libre d’être soi-même, parce que vivre en dépendant de l’extérieur c’est le contraire de la liberté d’être soi, la liberté d’ETRE tout court!

Et rassurez vous, la liberté d’ETRE n’est pas, comme certains le craignent, le grand n’importe quoi, la liberté d’être, en dehors de tout contrôle ou lâchage de contrôle, est saine. C’est le contrôle et le lâchage de contrôle qui font la « normalité » et le « grand n’importe quoi ».

La liberté d’ETRE c’est tout simplement l’équilibre parfait, car aucune lutte intérieure pour se conformer à un truc totalement étranger!

Et la non-liberté d’être soi je ne vois en quoi c’est souhaitable et même tellement souhaitable que c’est ce qu’on semble tous viser. On a fait de cette aberration contre nature un but dans la vie,  de ce non-sens une règle immuable. On nous demande de sacrifier ce que nous sommes et quand on y arrive pas, on nous condamne.

Et surtout tant qu’on considère que c’est normal, on considère que ceux qui ne supportent pas cette normalité sont des malades…Les symptômes sont amalgamés aux maladies, les phobiques, les dépressifs, les boulimiques, paf, comme ça, ça te tombe dessus pas de bol, alors que tu as tout pour être normal!

Quand tu ne supportes pas l’insupportable tu es juste fou. Aaaaaaah, d’accord!

euuh non. Pas d’accord.

A aucun moment on ne fait le lien avec le fait que ça peut venir d’un truc qu’on nous fait vivre et qui nous rend tellement mal qu’on craque. A aucun moment on ne se tourne vers cette « normalité », à aucun moment on ne se pose de question sur cette référence de base, à partir de laquelle découle tout diagnostique.

On dit les gens vont de plus en plus mal, il y a de plus en plus de « maladies » mentales…Mais si seulement et uniquement, on n’en pouvait plus d’être « normal »?

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