Code du déshonneur, Article 2: ne pas avoir d’avis.

Si il y a un truc vraiment déshonorant dans le monde actuel, c’est de ne pas donner son avis, ce qui sous-entend oser montrer qu’on a aucune une idée perso, donc pas de personnalité.

Oh mon Dieu! Pas de personnalité?!!! 

Qu’on vous entreprenne sur la guerre en Irak, sur le mariage homo ou bien sur les chaussettes de l’Archiduchesse, essayez de ne pas répondre. Premièrement ça ne sert à rien, parce que soit l’autre en face est du même avis que vous, et donc il est inutile de discuter, autant commencer à bouffer,  soit il n’est pas du même avis et il est donc inutile de discuter: vous ne changerez pas d’avis et lui non plus, et en plus vous restez copains, et c’est bien les copains, même d’un autre avis, d’une autre vie.

Rester tranquille, ne rien dire, ne pas se laisser emmener dans des conversations qui ne finissent pas, ne pas sacrifier notre tranquillité sur l’autel de la personnalité.

aaaaaaaah!

Article 2 du code du déshonneur:

essayer l’humilité pour plus de tranquillité.

Exercice pratique:

(Vous allez voir c’est tellement simple qu’on se demande pourquoi on y avait pas pensé avant, et attention: l’essayer c’est l’adopter!)

Quand quelqu’un lance un sujet quelconque politique, religieux, philosophique, ésotérique, pragmatique, ou caustique:

Ne pas répondre et sourire benoîtement.

(j’aime ce mot « benoîtement »,  je m’imagine en train de sourire, habillée en aube avec une tonsure sur le crane, comme le père Benoît du vin du même nom, ce qui me fait sourire encore plus. Je me force à ne penser qu’à ce Benoît là, parce que le seul autre Benoît que je connais me rappelle un souvenir douloureux, un sale coup que la vie m’a fait, la vie qui est parfois une sacrée peau de vache faut bien le dire, et qui, l’été de mes 12 ans m’avait octroyée en colo un mono absolument sublime, l’Autre Benoit donc, un punk tellement beau que même les mémés nous arrêtaient dans la rue pour nous demander « si c’était un mono à nous ce superbe jeune homme », c’est vous dire si sa beauté était transcendante et sans commune mesure, c’est pas tous les jours que les mémés kiffent un keupon. Et voilà, pour notre malheur à toutes, les 25 minettes de la colo, on n’avaient que 12 ans. On sentait confusément qu’il se passait un truc presque grec tellement c’était tragique, que ce genre d’occasion on ne les croise qu’une ou deux fois dans notre vie, et que là, on était mises hors course pour une raison indépendante de notre volonté, on ratait le coche, qu’il ne suffit pas d’être au bon endroit au bon moment pour une histoire d’amour de cinéma, mais qu’en plus il faut avoir le BON AGE!!! On pleuraient de rage en s’aspergeant de Démon de Eau jeune et en écoutant la BO de Dirty Dancing, espérant au moins qu’il arrête de nous ébouriffer les cheveux en nous appelant « petite », comble de la torture…Bref!

J’ai eu une mon autre occasion 6 ans plus tard et je l’ai épousé, on va pas m’avoir deux fois de suite, non mais, faut pas pousser mémé dans les orties, comme on dit de par chez nous…)

Revenons à nos moutons de l’Aid.

Ne pas donner son avis en premier lieu et aller encore plus loin, parce que l’habit ne faisant pas le moine (décidément!) ne pas donner son avis n’est pas encore le total déshonneur, le vrai déshonneur réside dans le fait de ne pas avoir d’avis du tout!

Franchement mieux vaut laisser les sunnites arrêter ou pas de fumer du chiite, les homos décider de ce qui est le mieux pour eux, et l’ArchiDuchesse mettre des bas et aller chasser sans son chien, depuis qu’elle a perdue la tête en 1789 on ne peut plus rien tirer de toute façon.

Ne pas avoir d’avis sur rien, c’est le comble du déshonneur et ça contribue a l’article 1: aller bien.

( Je sais , j’ai l’air comme ça de me perdre en conjoncture mais ne vous laissez pas abuser par mes circonvolutions, le lasso du déshonneur se resserre sur vous indubitablement et impitoyable de logique).

Désolée.

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