L’oie dans la bouteille.

Hier.

Je m’en allais ronchonnant faire les courses. La musique à fond, conduisant énervée, ruminant sur une relation de travail qui ne se passe pas facilement, un manque de communication patent qui brouillait les pistes et faisait de ce travail une vraie torture.

Je cherchais, cogitais, remue-méningeais : comment changer cette relation, comment me comporter pour améliorer les choses, quelles décisions prendre? cesser ? continuer ? subir ? me révolter ? me retirer du monde ? attaquer ?

Et puis une phrase d’un koan zen me revint en tête. Je ne l’avais jamais comprise (que ceux qui comprennent un koan la première fois lève le doigt!)

Un jour un maître zen posa une question à ses élèves qui méditaient :

« Un homme mis un jour une petite oie dans une bouteille et la nourrie tant et si bien qu’elle devint trop grosse pour en sortir.

Comment faire sortir cette oie sans casser la bouteille ni tuer l’oie ? »

Ils se mirent tous à réfléchir, jusqu ‘au moment où un jeune disciple s’écria :

« Elle est déjà hors de la bouteille ! »

Et le maitre le félicita. L’oie est bien déjà hors de la bouteille.

?!?!

oui hein, c’est coton le coup de l’oie…

Mais hier, enfin, dans ma voiture, en pleine haute voltige devant la gare routière de Bab doukkala cette phrase enfin m’atteint :

L’oie est déjà hors de la bouteille.

Je cogitais, m’énervais, m’évertuais à gérer une situation qui n’était pas ou plus à gérer.

La solution est  déjà hors de la  bouteille. Moi je me battais avec l’oie qui me piquait, me pinçait alors qu’on était déjà dehors et qu’on pouvait cesser…

J’étais hors de ce problème qui n’en étais alors plus un. Prendre de la hauteur, du recul, être au moment présent sans chercher à changer les choses, faire au mieux mais dans l’acceptation au lieu de m’échiner à vouloir tout contrôler, à vouloir agir. J’étais déjà là, je suis déjà là, il ne sert à rien de m’agiter, je suis…et de ce fait, je sais que la prochaine fois qu’on aura rendez-vous, j’aurais la solution avec moi, je ne serai plus dans la lutte, coincée dans une bouteille à me débattre et je serais simplement là, saurais me faire entendre, me faire comprendre et…comprendre.

Cesser de chercher : La solution est déjà là. Hors du champ de réflexion.

Nous sommes déjà là.

musashi-art6

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