Indifférence Générale

Si j’aime aimer sans raison en revanche je n’aime pas ne pas aimer sans question.

Il n’y a pas longtemps j’ai eu avec des proches à quelques jours d’intervalle une discussion à propos d’un « comique » controversé, antisémite s’il faut absolument le classer, et je me suis vue tenir une position qui m’étonnait moi même quant à sa fermeté, alors que je n’y avais jamais finalement pensé (au « comique ») et pour dire les choses simplement,  je croyais m’en foutre complètement…

Ca m’a troublée et j’ai essayé de comprendre pourquoi.J’aime comprendre, vous l’aurez compris.Et charité bien ordonnée commençant par soi même: j’aime ME comprendre.

Et tout à l’heure en faisant les courses, entre les poissons et les courgettes, je me suis comprise: c’est trop facile! Trop facile comme tout ce qui est trop partial.Et j’aime PÔ la facilité.

C’est trop facile de pointer du doigt les défauts et exactions d’une seule population, d’une seule culture, d’un seul peuple, en disant c’est eux les méchants.C’est trop facile de ne point comparer et de ne regarder qu’une face des choses, sans souci du contexte, sans mise en abîme, sans recul ne serait-ce qu’ historique.

C’est trop facile de ne voir que ce qui nous est contemporain sans se souvenir des autres horreurs qu’ont tous commis au moins une fois dans leur histoire chaque peuple, chaque culture, chaque religion.

Tout ce qui s’est passé, tout ce qui fait l’histoire, le beau comme le moche (le beau existe aussi mais cruellement on s’en souvient beaucoup moins bien) est bien plus du fait de l’Homme que du fait de peuples.

C’est l’Homme, toujours l’Homme, noir, blanc, beige, rouge, jaune ou marron, chapeauté, enturbanné, barbus ou tout nu qui, quand il est le plus fort écrase le plus faible, qui, quand le faible devient fort se met à écraser à son tour.

C’est la nature humaine, c’est, je crois, notre talent le plus répandu.

Chaque peuple a connu dans son histoire un âge d’or et un âge sombre, à venir, ou déjà passé.

L’obscurantisme et l’ignorance fait autant de mal à un français qu’à un sénégalais, à un druze qu’à mormon, à un papou qu’à un esquimau.Ce sont deux phénomènes universels qui, eux, ne font aucune différence: un con est un con.

Quand je ne peux le tout, je préfère le rien (oui je suis un peu extrême, je vous le concède), alors comme je ne peux TOUT savoir sur les mondes qui habitent ce monde je préfère ne RIEN en penser.

Je suis à ce niveau d’une indifférence totalement impartiale, on ne pourra pas me le reprocher.

Mais! je me suis vue quand même imposée une condition par ma nature organisée et me suis vue forcée  de faire au moins 2 cases dans ce grand vide.

Une case pour ceux touchés par la haine et l’ignorance, dans laquelle je mélange allègrement antisémites et islamophobes, frontnationaux et FLNeux, les misogynes et les coupeuses de tuyeaux, qu’ils se crèvent les yeux entre eux, qu’ils s’écharpent en un immonde salmigondis haineux, sans nous déranger,  nous les bienheureux indifférents, pendant qu’on se mettra des fleurs dans les cheveux dans notre douillette case rose tendre et que nous ferons l’amour et pas la guerre et que nous fabriquerons à tours de bras des petits mélanges, parce que pour reprendre la citation de Bahia, pute socialiste de son état:

« les bâtards, c’est l’avenir de l’humanité. »

A lire aussi les Identités Meurtrières, de Amin.

Bon dimanche!

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